Bilan

Prévue pour durer 2 semaines, tout au plus 3 ou 4, l’opération Loyton aura finalement duré 2 mois, et sera à l’époque considérée comme un échec, eu égard aux objectifs initialement fixés. La situation tactique et le manque de carburant en ont finalement décidé autrement. Le bilan des dommages infligés à l’ennemi semblent bien maigres aux vues des moyens déployés, et pourtant…

Voir : Roll of Honour

Au moment de l’écriture du rapport d’opération, le bilan connu des pertes est de 2 tués, 5 manquants considérés prisonniers de guerre et 23 manquants dont on ne sait ce qu’ils sont devenus. Le bilan définitifs sera:

  • 31 SAS tués, incluant Loyton Nord
  • 3 Phantom tués
  • 2 SOE tués
  • 1 SOE prisonnier, survivra à la captivité
  • Sans oublié un 32ème homme du 2 SAS, décédé de ses blessures consécutives au crash de l’avion dans lequel il avait pris place pour être parachuter en Lorraine. Pour cause de météo défavorable l’avion a dû faire demi-tour avec sa cargaison d’hommes et de matériels et s’est crashé au moment du poser au retour en Grande Bretagne.

Il faut surtout ne pas oublier le lourd tribu payé par la région durant cette période au cours de laquelle 3 principales opérations de rafles ont conduit à la déportation d’un millier de personnes.

  • 40 à 50 tués
  • 15 véhicules détruits : 6 command cars, 1 transport de troupes, 5 camions, 3 ambulances transportant des explosifs
  • 11 véhicules immobilisés : 8 camions et 3 halftracks
  • 1 train déraillé
  • 2 trains probablement déraillés (ndlr: seront confirmés par la suite)

Dans son livre ‘Anything but a soldier‘, le Capitaine John HISLOP, chef de la patrouille PHANTOM du groupe de reconnaissance précise quant à lui un bilan ‘non comptable’ mais tellement important de OP Loyton sur la manœuvre ennemi :

 » C’était la fin de l’opération Loyton. A ce moment-là, elle se soldait par un coûteux échec, coûteuse en vies humaines, en matériels et en sueur dépensée, avec peu à montrer en terme de dommages à l’ennemi. En tout, quatre-vingt-douze [sic-quatre-vingt-onze membres de la brigade S.A.S. incluant les huit Phantom] y participèrent, et trente et un furent tués (Hislop inclue le stick ROUSSEAU dans ce décompte), tous sauf trois après capture.

Ce n’est que plus tard que l’on a découvert le chao et l’inquiétude que notre présence avait provoqués chez l’ennemi. Les troupes sur zones restaient en état d’alerte permanent, ne sachant jamais où elles allaient pouvoir être embusquées, ou sauter sur une mine posée sur la route, ne connaissant pas la puissance de feu de notre groupe, et ne sachant pas comment nous anéantir.

Plutôt que de tenir la région avec des unités éparpillées de moindre qualité, ils ont dû détourner un nombre croissant de troupes de premier ordre du front américain, et finalement, une division SS au complet en a été déplacée avec pour seul objectif de nous détruire. Cela a jeté un éclairage différent sur l’opération, car cela a montré comparativement que le peu de dégâts matériels que nous avons infligé à l’ennemi a été plus que contrebalancé par le nombre et la qualité des troupes allemandes qui ont dû être mobilisées. « 

Une confusion dans les messages reçus à Londres concernant le parachutage des premiers renforts de OP Loyton engendrera une erreur de DZ pour le groupe du Major POWER dans la nuit du 27 au 28 août 1944.

Le message A2043/9 reçu à Londres à 1139 GMT indiquait la DZ proche de la ferme La Baraque.

Le message A2085/12 reçu à Londres à 1446 GMT indique la DZ CHANDERNAGOR pour équipe SAS.

C’est ce dernier message qui sera pris en compte par le Major POWER, provoquant un parachutage 25 kilomètres à l’ouest de la DZ initialement prévue. Le Major POWER écrit dans son rapport opération :

 » Une certaine confusion était apparue en raison du fait que PLANETE nous avait signalé deux DZs différentes le même jour, l’une à V 305845 et l’autre à environ Z 8986. Nous avions choisi cette dernière, car c’était le DZ mentionné dans le message le plus récent, bien que ce soit considérablement plus loin de la zone où le Capt. DRUCE devait se trouver.

Le groupe a été parachuté dans la nuit du 27 au 28 août à une altitude de 7/800 pieds à 0 h 30. La DZ sur laquelle nous avons atterri se trouvait, cependant, en V 075810, 8 milles à l’est-sud-est de l’endroit où le pilote pensait nous larguer. « 

  • V 305845 : bois de Grammont, 1 km ouest de DZ PEDALE.
  • Z 8986 : DZ CHANDERNAGOR, proche de Leménil-Mitry
  • V 075810 : DZ DEBUSSY, 1,5 km Est de Essey-la Côte

Dans son rapport d’opération, le Major POWER indique en date du 29 août 1944 :

 » Le Capt. MARCEL est arrivé avec le major DENNY. Pour occuper mon temps d’attente, j’ai demandé aux maquis de me fournir toutes les informations possibles sur des cibles à bombarder, la position des troupes, etc. J’ai choisi comme les deux meilleures cibles à bombarder un PC SS à Vincey, Z 955717 et un dépôt de 3 millions de litres de carburant à Nomexy, Z 995685. Des renseignements ultérieurs ont indiqué que ces cibles avaient été bombardées avec succès. Quatre cents SS ont été tués alors qu’ils de rassemblaient pour partir Le carburant a été entièrement détruit, et les lueurs du feu pouvaient être vues durant deux nuits consécutives. « 

BILAN :

  • Target B 187 : PC SS à Vincey, le bilan annoncé est de 400 ennemis tués lors du bombardement. Le registre des opérations du 487 SQUADRON RNZAF – RAF Thorney Island indique :  » Bombardé et mitraillé le quartier général des SS près de METZ. Après l’attaque, les équipages signalent que le bâtiment Ouest a été complètement détruit et le bâtiment Est détruit à l’exception du mur Sud. L’objectif était couvert de fumée. « 
  • Target B 188 : le dépôt de carburant de Nomexy a été vu brûler durant 3 jours. Le registre des opérations du 305 POLISH SQUADRON – RAF Lasham indique :  » tous les avions ont réussi à bombarder la cible avec de bons résultats. « 

Target B 187 – les 2 photos de droite sont extraites du rapport Loyton


They stay alive as long as we remember them.