Du 9 au 17 septembre 1944, l’équipe SAS du Lieutenant canadien ROUSSEAU a conduit dans la région de Igney, l’Opération indépendante en secteur nord de OP Loyton. Le Lieutenant ROUSSEAU fut tué au combat le 17 septembre 1944 dans le bois de Igney.

Adresse :
28 grande rue, 54450 Igney
Le cimetière se situe à la sortie Sud du village. La plaque se trouve en bas du cimetière, à droite, à proximité du Jardin du Souvenir.


Le cimetière de Igney sur Google Maps
Les faits :
- Dans la journée, le 17 septembre 1944, alors que le Lieut. ROUSSEAU et ses hommes sont en train de manger, un véhicule entre dans Igney, avec à son bord 4 officiers allemands. Le véhicule est embusqué, les 4 officiers sont abattus, et 4 serviettes en cuir remplies de documents sont récupérées. Lorsque des renforts allemands conséquents se dirigent par la suite sur Igney, ROUSSEAU et ses hommes s’y retrouvent seuls, suite au départ précipité de la patrouille américaine qui les avait pourtant rejoints en fin de matinée. Les américains ne proposent même pas à MAZIERE, un des hommes de ROUSSEAU qui est pourtant à 10 mètres d’eux, d’emmener avec eux ROUSSEAU et ses hommes.

- Le lieutenant décide alors de regagner Repaix à pied, à trois kilomètres et demi de là. TRIBOUT, leur guide (résistant de Igney), suggère de passer par le bois d’Igney et de suivre les haies jusqu’à Repaix, en longeant le ruisseau d’Erbisey qui coule à l’est de la route.
- TRIBOUT marche en tête, suivi du lieutenant ROUSSEAU, puis GALMARD, CENTOLLE et MAZIERE.
- Il pleut et la visibilité est très mauvaise. Après avoir parcouru 200 mètres, tout en zigzaguant pour éviter les clairières, le lieutenant crie : “Un boche, cachez-vous ! “. Un coup de feu retentit et CENTOLLE reçoit une balle en pleine poitrine. MAZIERE se porte à son secours, mais CENTOLLE refuse, disant “Va-t’en, je suis fini ! Ils vont t’avoir toi aussi si tu restes ici ! “ (ndlr : à mettre en parallèle avec les mots de HALL, blessé le 18 août, qui dit à CROSSFIELD, venu le rejoindre pour l’aider, de partir et de le laisser là). Quelques minutes après, ROUSSEAU ordonne à TRIBOUT d’aller voir CENTOLLE. Puis il envoie GALMARD en reconnaissance dans les environs pendant que lui tient les Allemands en respect à l’aide d’une mitrailleuse.
- Lorsque GALMARD revient, ROUSSEAU est entouré par une trentaine d’Allemands. Il a épuisé ses munitions. Malgré qu’une balle lui a traversé le cou, il se bat quand même. Au moment où il amorce sa dernière grenade, il est lui-même touché par une grenade allemande.
- Les Allemands obligèrent des civils à transporter le blessé à Foulcrey, à environ deux kilomètres et demi de là. Il mourut en arrivant au poste de secours allemand de cet endroit.
- Le lieutenant ROUSSEAU, mort au combat, est dans un premier temps enterré au cimetière militaire allemand de Avricourt (Moselle), alors en Moselle annexée, avec la mention ”officier canadien”. Courant 1945, il est exhumé à la demande des habitants d’Igney pour être inhumé dans leur cimetière communal. Un hommage, auquel participe son frère Claude durant son voyage en Lorraine, lui est rendu le 26 septembre 1945 devant sa tombe au cimetière de Igney en présence notamment de MAZIERE et GALMARD.

- Maurice est une nouvelle fois exhumé fin novembre / début décembre 1945 pour être définitivement inhumé le 11 décembre 1945 dans le cimetière de guerre de Ranville (Calvados). Il repose à Ranville aux côtés de son frère le Lieutenant Joseph Philippe ROUSSEAU, mort au combat quelques heures après avoir été parachuté sur la Normandie le 6 juin 1944.
Le Lieutenant Joseph Maurice ROUSSEAU

Le mémorial :

» Parachuté dans la nuit du 09 au 10 septembre 1944 sur une DZ proche de Réchicourt-le-Château, le stick du Lieutenant canadien Joseph Maurice ROUSSEAU, du 2ème Special Air Service Regiment (SAS), opéra dans un secteur centré sur Igney. Après avoir établi le contact avec les éléments d’avant-garde américains à Chazelles-sur-Albe le soir du 16 septembre, le Lt. ROUSSEAU fut mortellement blessé le 17 septembre durant un accrochage avec l’ennemi à l’entrée du bois de Igney. Il est initialement enterré par les Allemands dans le cimetière militaire allemand de Avricourt (Moselle), d’où il est exhumé le 18 août 1945 pour être enterré le lendemain, et à la demande des habitants de Igney, dans leur cimetière communal. La pierre tombale (ci-contre) gravée à l’époque, et accrochée à la croix, fut déposée au pied de l’ancien monument aux morts lorsque la dépouille du Lt. Joseph Maurice ROUSSEAU est définitivement transférée fin 1945 au cimetière militaire de Ranville (Calvados). Il y repose aux côtés de son frère le Lt. Joseph Philippe ROUSSEAU, du 1er Bataillon Parachutiste Canadien, mort au combat en Normandie. »

They stay alive as long as we remember them.