« A apporté son aide entière et constante à la formation de maquis locaux et à l’assistance aux formation anglaises parachutées sur son territoire. »

Croix de guerre décernée le 11 novembre 1948 à la commune de Moussey.
Texte de la citation :
» Commune ayant inscrit au Livre d’Or de la Résistance Française une page douloureuse par l’importance du sacrifice consenti. A apporté son aide entière et constante à la formation de maquis locaux et à l’assistance aux formations anglaises parachutées sur son territoire. Deux tués, cent quatre vingt sept déportés dont cent quarante quatre morts en déportations, dix otages. «
Parmi ceux qui les ont aidés …
Il est toujours difficile et délicat d’établir une telle liste, tant il est important de n’oublier personne. Quoiqu’il en soit, il est nécessaire de pouvoir mettre un visage sur des noms. Voici donc une série non exhaustive de portraits parmi ceux qui ont aidé, soigné, guidé, renseigné, hébergé les SAS de OP Loyton, qu’ils soient civils, gardes forestiers, gendarmes ou bien encore membres du clergé ou des diverses administrations.

Jules PY, maire de Moussey, mort le 25 janvier 1945 à Dachau.

Les SAS et Moussey :
Au cours de l’été 1945, Christopher SYKES, alors capitaine du 2 SAS, officier renseignement de l’opération Loyton a écrit :
- « … Tous les membres du SAS devraient connaître le nom de Moussey . C’est une petite ville située dans une vallée des montagnes vosgiennes de l’est de la France. Elle se trouve à environ 40 miles au sud-est de Nancy et environ 10 miles au nord de St. Dié. Tout homme SAS qui se trouve dans l’est de la France devrait y aller. Il ne sera pas déçu de ce qu’il trouvera. Comme tous les villages et les villes vosgiennes, Moussey s’étire le long de sa vallée, un mile d’un bout à l’autre mais jamais plus de quelques centaines de mètres de large.
- En septembre 1944, le commandant du 2ème Régiment SAS, le lieutenant-colonel B M FRANKS, DSO MC, a dirigé la dernière de nos opérations aéroportées sur le sol français. Le premier parachutage a eu lieu près de Baccarat et après de nombreuses péripéties, nous avons fait mouvement dans les bois près de Moussey, où nous avons établi un quartier général. L’opération a eu lieu à un moment où l’avancée du général PATTON vers Nancy a été retardé par une panne d’approvisionnement au profit du groupe d’armée auquel il appartenait. Cela signifie que notre mission, conçue pour durer environ 10 jours, a été prolongée à environ six semaines. Pendant la plus grande partie de cette période, nous dépendions des gens de Moussey pour beaucoup des nécessités de la vie, et pour l’aide de toutes sortes. Ils nous ont donné tout ce que nous demandions et plus encore. Ils étaient les fidèles des Alliés et, dans des temps manifestement difficiles, car avec le hold-up de l’armée américaine et le renforcement continu des Allemands le long de la Meurthe, à quelques miles à l’ouest, nos difficultés augmentaient quotidiennement. C’était un cauchemar, mais la population civile était beaucoup plus en danger que nous. Nous pouvions nous déplacer rapidement d’un endroit à l’autre, mais à l’exception de quelques hommes, les civils ne pouvaient pas, et s’ils le faisaient, ils laissaient forcément des otages derrière eux.
- Enfin, fin septembre, les Allemands furent exaspérés par l’aide qu’ils savaient que les gens de Moussey nous donnaient, et ils prirent leur revanche. C’était une terrible vengeance, une autre atrocité à porter aux agissements des Allemands. Ils ont rassemblé autant que possible d’hommes de la population et les ont interrogés avec la brutalité nazie habituelle. Mais personne ne nous a donné, malgré le fait que les Allemands aient emmené les hommes dans des camps de concentration. Le nombre d’hommes amenés dans ces terribles camps était de deux cent dix. Seulement soixante-dix sont revenus, et certains des survivants sont morts peu après leur retour en raison de ce qu’ils avaient traversé. Dans cette catastrophe, Moussey a perdu un dixième de sa population. Il n’y a aucune preuve que, même sous la torture et les mauvais traitements, l’un ou l’autre d’entre eux nous a trahis. Notre quartier général dans les bois n’a jamais été découvert par les Allemands. Je leur ai rendu visite après la guerre et j’ai trouvé beaucoup de reliques de nous-mêmes et aucune trace de nos ennemis ayant été là.
- Nous avons nous-mêmes subi trente-deux pertes pendant toute l’opération, la plupart à d’autres endroits, mais dix de nos hommes sont tombés dans les environs de Moussey. Après la guerre, il fut décidé, à la suggestion du curé de la paroisse, l’abbé GASSMAN, de faire un petit cimetière SAS à Moussey dans le cimetière près de l’église. A la fin de l’été 1945, toute la population de Moussey et celle des villages voisins vinrent à l’enterrement de nos dix hommes. Comme ceux qui devaient être enterrés étaient de religions différentes, le curé a organisé un service biconfessionnel. Une messe de requiem dite dans l’église par l’abbé GASSMANN, suivie par le service anglican pour les morts conduit dans l’église par l’aumônier régimentaire, le révérend John KENT, actuellement vicaire de Selby; sur les tombes, le même ordre a été suivi. L’abbé GASSMAN exécuta les rites catholiques, le capitaine KENT les rites anglicans. Les clergés catholique et protestant étaient présents. Parfois aujourd’hui, quand on parle de l’union de l’Eglise et des grandes difficultés sur son chemin, je me souviens de cette belle cérémonie à laquelle j’ai eu le privilège de commander la garde d’honneur… »
Christopher SYKES poursuit en disant :
- « quelques années après la guerre, la Commission Impériale des Tombes de Guerre a décidé, de façon tout à fait raisonnable, que les SAS devraient être réenterrés dans un cimetière officiel. Cela a été amèrement ressentie par les habitants de Moussey qui ont estimé que les tombes SAS faisaient partie de Moussey. La Commission Impériale des Tombes de Guerre a très logiquement apprécié les sentiments et les liens forts en cause et a désigné le cimetière de Moussey comme cimetière de guerre officiel. Chaque année des fleurs sont déposées sur les tombes et sur le mémorial de 1918 et 1945. Les hommes du SAS qui visitent Moussey se sentent proches de cette ville et de ses habitants ; ils ne sont ni étrangers ni visiteurs mais font partie de l’histoire de Moussey. L’abbé GASSMANN était avec le maire le point centrale autour duquel la résistance de Moussey était si solidement construite. Non seulement cela, mais il était plein de compassion, et, après la libération, a fait tout ce qu’il pouvait pour assurer un traitement humain aux Allemands capturés par le Maquis et l’enterrement décent pour les morts allemands… »
Moussey Memorial – National Memorial Arboretum, UK
Le 17 août 2013, un premier mémorial dédié aux habitants de Moussey fut inauguré dans le Special Forces Memorial Grove situé au National Memorial Arboretum, Alrewas, Royaume-Uni. Ce memorial représente une Croix de Lorraine orientée en direction de Moussey, réalisée en sapin massif des Vosges amenés de la région de Moussey.


Le mémorial Moussey est pointé en direction de Moussey depuis le National Memorial Arboretum, à 130 degrés. Distance 587 miles par la route.
Il est simplement fait de bois scié pour représenter le travail dans les forêts au-dessus du petit village de montagne.
Il a été construit pour honorer les courageux citoyens de MOUSSEY et de la vallée de Rabodeau qui ont résisté à l’ennemi et ont terriblement souffert en conséquence avant la libération en 1944.
Il est situé au milieu de 6 pins d’un jardin de chalet des gardes forestiers.
Le temps et la météo auront finalement raison du mémorial.

Le 1er mai 2026, un nouveau mémorial en fer forgé émaillé, dans l’esprit du mémorial originel, est inauguré au même emplacement dans le Allied Special Forces Memorial Grove situé dans le National Memorial Arboretum. Cette croix de Lorraine regarde en direction de Moussey à 130 degrés.



Pour l’inauguration du mémorial, le fanion du 2nd SAS Regiment a été placé devant le nouveau Moussey Memorial. Ce fanion a été offert aux citoyens de Moussey en août 1945 lors des premières commémorations qui eurent lieu à Moussey et auxquelles le 2nd SAS Regiment avait été convié. C’est la première fois que ce fanion revenait en terre britannique, il repose habituellement en l’église de Moussey et n’en est sorti que lors des commémorations annuelles Loyton début septembre.

Monument Opération Loyton – Moussey
En août 2024 fut inauguré à Moussey un monument à la mémoire de ceux : soldats britanniques, résistants et civils ayant vécu cette opération. Ce monument marque symboliquement l’épicentre de OP Loyton.

66 rue René LAEDRICH, 88210 Moussey
Monument OP Loyton sur Google Maps



- A la mémoire des hommes de la Brigade S.A.S. qui ont opéré dans cette région derrière les lignes ennemies durant l’automne 1944.
- Aux résistants qui ont lutté à leur côté et aux ‘’gens d’ici’’ qui les ont aidés.
- Beaucoup y perdirent la vie dans leur lutte pour la liberté.
« Who Remembers Wins »

- A partir du D-Day, le 6 juin 1944, la brigade SAS (Special Air Service) se déploie derrière les lignes en territoire occupé, établissant une série de bases à partir desquelles des groupes opérationnels harcèlent l’arrière de l’ennemi. Pour atteindre la frontière Est de la France, la traversée des Vosges s’imposait, ouvrant ainsi la voie à la vallée de la Bruche, à Strasbourg et enfin … Berlin.
- L’opération Loyton a été planifiée dès le mois d’avril 1944 et va se dérouler « ici« , du 12 août au 09 octobre 1944, principalement entre les vallées de la Plaine et du Rabodeau. 84 hommes: SAS, Phantom et SOE, ainsi que l’équipement nécessaire, ont été déployés par une série de parachutages à divers endroits dans notre région.
- Devant la détermination ennemie à anéantir les “Terroristen » et ceux qui les ont aidés, l’opération Loyton n’aurait pu avoir lieu sans l’aide de la Résistance et des « gens d’ici« , qui en payèrent un lourd tribut.