Groupe McGIBBON-LEWIS

Groupe le plus important en termes d’effectif, 10 hommes, qui sera finalement séparé en quatre parties au fil de l’exfiltration. Deux hommes seront capturés puis abattus par les Allemands.

Ils sont 10 hommes à débuter l’exfiltration, et se sépareront au moment de franchir la rivière Meurthe.

Il s’agit du groupe initialement constitué pour l’exfiltration.

  • Captain Bridge George McGIBBON-LEWIS – 156582 – 2 SAS
  • Lieutenant Lord John Robert MANNERS – 217587 – 2 SAS
  • Private André Gaston MARCHAND (Fr) – 41345 (FAFL) – 2 SAS
  • Sergeant Percy Roy THORPE – 6844525 – 2 SAS
  • Lance-Corporal Ian Alfred LARLEY – S / 93313 – 2 SAS
  • Private Joseph HERBERT – 4747386 – 2 SAS
  • Lieutenant James Lovitt SILLY – 304006 – 2 SAS
  • Private Donald LEWIS – 14410725 – 2 SAS
  • Private Peter ROBB – 14205480 – 2 SAS
  • Private Charles Ronald CROSSFIELD – 2029863 – 2 SAS

  • 09 octobre 1944 : Départ de la scierie de Coichot à 12h00. En fin de journée, le groupe atteint les environs du village de Bertrichamps.

  • 10 octobre 1944 : Dans son rapport d’opération, le Capt. McGIBBON-LEWIS écrit :
  • Nous sommes arrivés à la rivière à la mi-journée, c’est là que nos problèmes ont commencé. La rivière était large d’environ 20 yards au point le plus étroit, avait du courant et semblait profonde. Nous avons passé trois heures à chercher les ponts, mais à cause de la pluie tous les ponts pour piéton avaient été emportés, et en plus nous n’avons pas trouver le pont principal. Le Pct. ROBB ne savait pas nager et les autres ne se sentaient pas capables de nager. Finalement j’ai décidé de traverser à la nage pour voir si c’était trop difficile. Je me suis déshabillé et j’ai emballé mes vêtements, mes armes…, dans un poncho et j’y suis allé. Il faisait très froid, mais je n’ai eu à nager que sur la moitié de la distance, pour le reste on avait pied. J’ai atteint l’autre rive et suis revenu, j’étais complètement transis de froid. Le Sjt. THORPE a fait comme moi. Nous avons fait un autre aller-retour avec nos équipements, et avons convenu que ni l’un ni l’autre ne pouvait supporter un aller-retour de plus. MARCHAND a traversé, mais les autres ont estimé qu’ils ne pourraient pas le faire. Le Sjt. THORPE et moi avons à nouveau traversé et atteint l’autre rive où nous avons été rejoints par le Lieut. MANNERS.

A ce moment-là, SILLY, LARLEY, HERBERT, ROBB, CROSSFIELD et LEWIS, qui n’ont pas franchi la rivière Meurthe tentent vainement de trouver un pont.

  • Captain Bridge George McGIBBON-LEWIS – 156582 – 2 SAS
  • Lieutenant Lord John Robert MANNERS – 217587 – 2 SAS
  • Private André Gaston MARCHAND (Fr) – 41345 (FAFL) – 2 SAS
  • Sergeant Percy Roy THORPE – 6844525 – 2 SAS
  • 11 octobre 1944 : Nous sommes arrivés à la route est-ouest séparant la forêt de Ste Barbe et le bois de Glonville vers 09h00. Nous avons entendu des tirs à proximité et en avons vu un dans une clairière. Nous avons essayé de traverser la route, mais il y avait de nombreux Allemands qui y été assis, un autre véhicule et un cycliste sont passés. Nous avons été entendus mais pas vus par un Allemand. Nous sommes allés 50 yards en retrait et avons longé la route pour essayer de traverser plus à l’ouest, mais nous avons encore été bloqués lorsqu’un Allemand assis sur un tronc d’arbre à 25 yards m’a vu et m’a salué gaiement. J’ai salué en retour et nous nous sommes retirés de 150 yards dans les bois et nous nous sommes assis.
  • A ce moment-là, j’avais des doutes quant à l’exactitude des renseignements sur la ligne de front qui nous ont été envoyés d’Angleterre. Fort des précédents événements, j’ai décidé que ce serait mieux de partir plein ouest où nous pourrions finalement rejoindre les américains, et de sortir de la forêt où nous étions si facilement embuscables.
  • J’ai envoyé le Sjt. THORPE et MARCHAND pour voir la route de Ste Barbe, ils sont revenus en ayant pu s’en approcher à une centaine de yards sans difficulté. J’ai décidé de partir dans cette direction.

  • 12 octobre 1944 : A 17h30, juste avant que nous ne fassions mouvement, il y a eu beaucoup d’activité sur la route et aux alentours, à environ 200 yards sur notre gauche, juste où nous voulions traverser. Nous sommes allés observer et avons vu et entendu une arme qui venait d’être positionnée.
  • Nous sommes repartis au nord, traversant la clairière et pris un sentier parallèle à la route menant à Domptail, V 171837. La progression était difficile car il y avait des arbres en travers du sentier. Nous avons tourné vers le nord, et décidé de sortir et marcher à découvert car nous faisions trop de bruit. Nous venions de traverser la route et étions à découvert quand nous avons entendu arriver des Allemands. Nous nous sommes mis à plat ventre, et trois Allemands sont passés à 5 yards de nous. L’un d’entre eux a dû voir nos silhouettes car il a dit ”Qu’est-ce que c’est?”. Les autres ont répondu ”Oh il n’y a rien qui bouge, seulement quelques branches”, et ils ont continué leur chemin.
  • Nous sommes retournés dans les bois, avons continué un demi mile plus au nord et ensuite décidé d’aller à l’ouest. Un certain nombre d’Allemands passaient sur la route, notre progression était lente. Finalement nous avons bifurqué vers l’ouest, j’ai donné la boussole au Lieut. MANNERS car j’avais de la fièvre et je ne pouvais plus voir le point lumineux. A partir de ce moment-là nous n’avons plus eu de difficultés. Nous sommes restés au milieu des champs et avons évité tous les bois, maisons et couverts. Nous avons entendu des Allemands et vu leurs lumières dans un petit bois, de chaque côté de nous, où les Américains auraient dû se trouver d’après nos informations.

  • 13 octobre 1944 : Nous nous sommes déplacés rapidement et vers 13h30 nous avons entendu des obus siffler au-dessus de nos têtes et vu quelques chars en mouvement à environ un demi mile devant nous. Nous ne savions pas de quels chars il s’agissait. J’étais convaincu qu’il s’agissait des nôtres mais j’avais perdu confiance dans les informations qui nous avaient été données jusqu’à présent.
  • Le lieut. MANNERS et le Sjt. THORPE sont allés traverser le pont sur un canal et ils ont été interpellés par « Halte là« . Ils sont revenus vers nous disant qu’ils ne savaient si c’étaient des Allemands ou quelqu’un d’autre. Je m’attendais à arriver chez les Français, j’ai donc pensé qu’il s’agissait d’eux. Je suis allé jusqu’au pont pour dire que nous étions français et voir ce qu’il se passerait. Alors que j’arrivai sur le pont, une sentinelle est sortie à environ 10 yards, avec une arme automatique. Nous sommes retournés dans les champs. Je savais que ce n’était pas un Schmeisser, et j’ai dit à MARCHAND de crier que nous étions français et qu’il ne fallait pas tirer. Ce qu’il fit. Le résultat fut une autre rafale, très proche. Ils ont à nouveau tiré, et même si j’étais sûr que c’étaient des Français, je n’allais pas essayer encore d’approcher ce Français.
  • Nous sommes retournés vers le canal mais n’avons pas pu trouver où traverser, nous sommes donc repartis au nord du pont, pour voir si c’était moins profond et essayé de traverser. Après une heure de recherche, nous avons pu traverser à gué (on nous a dit par la suite que les berges du canal étaient minées).
  • A environ un demi mile sur l’autre berge, nous avons à nouveau été interpelés par un ”Halte”. Nous nous sommes couchés et préparés à combattre cette fois. MARCHAND a crié ”Nous sommes des parachutistes français traversant les lignes”. Ils nous ont demandé le mot de passe. Bien sûr nous avons dit que nous ne le connaissions pas mais que nous pouvions nous expliquer. MARCHAND est allé discuter avec la sentinelle qui a dit que nous pouvions venir. C’est ce que nous avons fait, et pour une raison inconnue, la sentinelle a tiré sur MANNERS, ratant de peu son pied. Toutefois tout s’est arrangé, et ce fut notre dernière péripétie.
  • Au PC de la compagnie, ils nous ont dit qu’il y avait un mot de passe pour nous, mais aucun ne nous avait été donné. Nous avons été désarmés et envoyés à la brigade.

93. ai récupéré : MCGIBBON-LEWIS MANNERS SGT THORPE MARCHAND. Leur route depuis le départ : traversé la route RAON-CELLES en 381810 (ndlr : Lajus) puis du point côté 539 au point côté 359. Traversé route BACCARAT-RAON juste au nord de BERTRICHAMPS. Ensuite au sud-ouest jusqu’à V275785 puis traversé la route BACCARAT-MENIL en 238800. Contourné NOSSONCOURT par le nord puis vers DONCIERES où les français ont été contactés. Franchissement de la MEURTHE possible uniquement pour les nageurs. Eviter NOSSONCOURT et BAZIEN.


  • Lance-Corporal Ian Alfred LARLEY – S / 93313 – 2 SAS
  • Private Joseph HERBERT – 4747386 – 2 SAS
  • Lieutenant James Lovitt SILLY – 304006 – 2 SAS
  • Private Donald LEWIS – 14410725 – 2 SAS
  • Private Peter ROBB – 14205480 – 2 SAS
  • Private Charles Ronald CROSSFIELD – 2029863 – 2 SAS

Après séparation du groupe initial le 10 octobre 1944 au moment de traverser la rivière Meurthe, le groupe du Lieut. SILLY, désormais à 6, reprend son exfiltration.

Ce groupe va à nouveau se séparer en deux.


  • 10 octobre 1944 : Nous avons traversé la route et la voie ferrée en V 299819 et atteint la rivière Meurthe. Là, le Capt. LEWIS, le Sjt. THORPE et MARCHAND se sont déshabillés et ont traversé à la nage. Comme ils avaient très froid, le Lieut. SILLY et le reste du groupe ont essayé de trouver un pont, mais finalement le Lieut. MANNERS a décidé de traverser et a rejoint les autres.


  • 12 octobre 1944 : Nous sommes partis à la tombée de la nuit et avons rejoint V 165815 où nous avons bivouaqué. Durant la journée, les Américains ont bombardé le bois. Durant la nuit, nous avons progressé lentement vers l’ouest car HERBERT souffrait beaucoup de sa blessure au fessier et du froid. Nous avons atteint la route Gerbéviller (V 090890) – Rambervillers (V 180720) vers minuit, et j’ai décidé d’aller vers le nord sur la route de St Pierremont, V 142528, où je voulais trouver une ferme pour donner à manger à HERBERT et le réchauffer. Dans le village, j’ai été interpelé par une sentinelle française que j’ai prise dans un premier temps pour un milicien, et après discussion, cela s’est avéré être une section avancée de la 2ème Division française.

  • Comme le Pct. ROBB ne savait pas nager, je suis resté avec lui, et après avoir attendu le lever du jour, j’ai contacté un Français et nous sommes restés 3 jours chez lui. Il nous a donné des vêtements civils et caché nos armes dans une boite. Nous avons ensuite quitté Baccarat, V 260830, où les Allemands avaient donné 36 heures aux civils pour évacuer la ville. Nous sommes partis au nord-ouest, et à proximité du village de Flin, 200891, j’ai tiré ROBB pour l’aider à traverser la rivière Meurthe. Nous avons continué vers l’ouest et sommes arrivés dans un village où nous avons eu contact avec les Américains.

97. Sont avec moi : DUSTY-MILLER CPL SPENCER RQMS TAYLOR CPL READHEAD CPL WEBB et LARLEY. HERBERT amené à l’hôpital j’essaie de le retrouver. Karl MARX GARTH PRITCHARD SALTHOUSE ET FERRANDI ont rejoint les lignes le 12 oct. Et sont partis directement à Paris sans me voir. LEWIS MANNERS THORPE et MARCHAND sont également partis pour Paris aujourd’hui. Le Colonel a dit que tous peuvent se rendre à Paris il est donc intéressant d’envoyer l’avion là-bas. Sinon laisser AXKWITCUHIEE à Paris. SVP donnez ETA Dakota à Luxeuil. GOODFELLOW toujours présent à PPTUOMETT fera un point de situation UJNHOTER. J’envoie également les recommandations pour l’équipe SICAUD.

99. Viennent juste d’arriver POWER HISLOP OWENS CROSSFIELD ROBB. Message pour SF HQ : LOYTON n’a pas pu délivrer les deux derniers messages pour MAXIMUM


They stay alive as long as we remember them.