Les Bases SAS

À la fin de l’année 1943, l’état-major interallié, SHAEF, décide, dans le cadre des préparatifs du débarquement de Normandie, de regrouper les bataillons SAS français et britanniques en une seule unité constituée. Sans consultation au préalable du général DE GAULLE, le 3ème et le 4ème bataillon d’infanterie de l’air sont intégrés à la brigade SAS commandée par le brigadier Roderick McLEOD.

Début janvier 1944 : création de la Brigade SAS. Elle figure hiérarchiquement dans l’organigramme du 1st Airborne Corps commandé par le Général Sir Frederick BROWNING.

Au complet, l’effectif de la brigade SAS s’élèvera à 2 500 hommes. La partie aérienne est assurée par le No. 38 Group RAF.

L’intégration de la brigade SAS dans le dispositif stratégique de l’opération Overlord est décidée par le SHAEF le 29 mars 1944, sans pour autant que soit définie la manière d’employer les SAS. Il s’agira du premier emploi à grande échelle d’unités de Forces Spéciales, concept mal connu voire même méconnu par les planificateurs du SHAEF.


Le premier projet concernant la Brigade SAS prévoit son déploiement sur une ligne Nord-Est / Sud-Ouest, de Dieppe à Saint-Brieuc, pour bloquer l’accès de la zone de débarquement aux renforts ennemis. La Royal Air Force refuse catégoriquement d’adhérer à ce projet. Elle justifie son opposition par le manque de moyens aériens nécessaires pour assurer simultanément le parachutage de la 6th Airborne Division en Normandie et le largage de la brigade SAS sur sa zone d’opération.

Entre les limites de la RAF en matière de quantité d’hommes à parachuter et ses méconnaissances des forces spéciales parachutistes, le SHAEF se retrouve dans l’impasse et décide de s’en remettre aux intéressés eux-mêmes

  • Le 09 mai 1944, BOURGOIN remet son rapport, dans lequel il s’attache :

« …/… à exposer l’intérêt primordial qu’il y aurait à tenir compte dans le plan d’opérations SAS, de l’existence des groupes de résistants français. Les parachutistes formeraient, dans les zones où la Résistance ne s’est pas encore cristallisée, les éléments de formation et d’organisation de tous les groupes dispersés cherchant une doctrine de combat. On ne peut prévoir ni le nombre ni la qualité des combattants qui se joindront à eux. Il est certain que dans la Résistance, des chefs incontestables se sont manifestés : il faut leur laisser toute leur autorité. Nous serions alors destinés à fournir l’encadrement là où il manque, et partout, les connaissances techniques et les moyens de liaison dont nous disposons. L’organisation dont nous sommes issus deviendrait alors la Base d’une organisation beaucoup plus vaste et aboutirait à la création d’une véritable petite armée, reliée au commandement général, travaillant suivant les directives de l’armée d’invasion et à son profit.

  • Le 17 mai 1944, le projet de Bases est adopté. De nouveaux ordres d’opérations sont alors édités par la Brigade SAS pour redéfinir les missions de chaque régiment SAS.

Vous allez maintenant vous concentrer sur la mise en place de Bases sécurisées dans les zones NE de CHATEAU CHINON N 2232, nom de code HOUNDSWORTH, et OUEST de CHATEAUROUX, nom de code BULBASKET, à partir du jour J en vue d’opérations stratégiques contre les lignes de communication ennemies du SUD de la FRANCE vers la zone NEPTUNE, selon les circonstances ou les développements de la bataille principale.

Vous vous concentrerez sur la mise en place de Bases sécurisées dans la zone V3691 (NEUVILLER-LES-BADONVILLER) – V5291 (RAON-SUR-PLAINE) – V5373 (SAALES) – V3673 (LA FOSSE sud Moyenmoutier) nom de code LOYTON, et W5465 – W6955 – G5228 – G3338 nom de code JOCKWORTH à partir du jour J en vue d’opérations stratégiques contre les lignes de communication ennemies de l’ALLEMAGNE vers Paris et la vallée du RHÔNE.


Vous allez maintenant vous concentrer sur la mise en place d’une Base sécurisée dans la zone P7199 – P7285 – P5785 – P5798 nom de code BERGBANG, à partir du jour J en vue d’opérations stratégiques contre les lignes de communication ennemies selon l’opportunité ou les développements de la bataille principale.


Vous allez mettre en place des Bases sécurisées dans les secteurs W7595 – W9295 – W9282 – W7582 nom de code SAMWEST et H2126 – H4318 – H4112 – H1916 nom de code VEIMOS. (Ndlr : sera finalement renommé DINGSON)


Le 3ème Bataillon Français opèrera indépendamment et ne sera pas placé sous vos ordres. Il restera cependant affilié à vous et vous lui donnerez toute l’assistance possible d’un point de vue de planification. Vous allez vous concentrer sur la mise en place de deux Bases d’assaut sécurisées : dans le secteur du Jura, nom de code ABEL et dans le secteur des Vosges: nom de code LOYTON.


En vertu des nouveaux plans, le SAS sera utilisé dans son rôle stratégique. Le SAS sera parachuté en petites unités en France, contactera le Maquis, et mettra en place des bases pour de plus grands groupes, des jeeps et des ravitaillements par air. Cela permettra d’attaquer les communications ennemies sur une vaste zone.


Dans son document HQ AirTps/TS/2500/40/G(Liaison) du 12 juin 1944, le 1er Corps Aéroporté résume l’emploi en cours et prévisionnel des troupes SAS .

Pour les 4 Bases SAS déjà en place à ce moment-là : DINGSON, SAMWEST, BULKASKET et HOUNDSWORTH, il s’agit de la planification des renforcements et ravitaillements.

Pour les opérations à venir, il s’agit d’en fixer la chronologie :

  • Opération LOYTON, secteur Vosges
  • Opération ABEL, secteur Jura
  • Opération NOAH, secteur Ardennes Françaises
  • Opération JOCKWORTH, secteur Clermont-Ferrand
  • Opération MOSES, secteur Corrèze
  • Opération BERGBANG, secteur Ardennes Belges

BUT :                     Envoyer un petit détachement de reconnaissance avancée soit directement dans les secteurs sélectionnés, soit à ceux qui sont hors de portée, à la base la plus proche pour transfert par la route.

MISSION :           Contacter la Résistance, faire une reco et faire un rapport sur les missions SAS possibles dans la zone afin que, dès que la zone est à portée de renfort et de ravitaillement, les équipes SAS larguées puissent être envoyées immédiatement dans le secteur de la Base d’où elles opéreront ou vers la zone cible et se retirer à la base du Maquis.

                Note :    Les renseignements obtenus par ces détachements de reconnaissance avancée devraient accroître considérablement les chances de succès des équipes SAS ultérieures et leur permettre d’opérer immédiatement lorsqu’ils atterrissent. Des renseignements utiles pourraient être renvoyés par radio, indiquant des mouvements de troupes ennemies et signalant également les possibilités de la résistance en référence à des cibles déterminées.

EXECUTION :      Mettre en place des détachements de 2 officiers ou, si possible, 2 officiers avec des kits radio et des opérateurs (3-5) dans la zone, ou au plus près de la zone en fonction de la portée actuelle de l’aéronef et des possibilités de l’équipe pour s’y rendre par ses propres moyens.

Notes : a. Il est entendu que pour des raisons politiques il n’est pas possible de débarquer des troupes en uniforme en BELGIQUE actuellement.

b. Le SHAEF est invité à émettre une directive pour prioriser les secteurs ci-dessus mentionnés.


They stay alive as long as we remember them.