GAGGENAU

Le 25 novembre 1944, 14 prisonniers : 6 soldats Britanniques, 4 soldats Américains et 4 civils Français sont extraits du camp de sécurité de Rotenfels pour être abattus dans la forêt d’Erlich (Erlichwald), non loin du cimetière de Gaggenau.

Ces exécutions sommaires ont lieu à 3 reprises, les 25 et 30 novembre et le 1er décembre 1944. 27 prisonniers du camp de sécurité de Rotenfels, prisonniers de guerre britanniques et américains, Français résistants et prisonniers politiques sont fusillés par les SS et enterrés dans des cratères de bombes.

Kniebisstrasse, 76571 Gaggenau Allemagne

Mémorial Erlichwald sur Google Maps

Entre septembre et novembre 1944, devant l’avancée des Alliés, les Allemands commencent à évacuer les camps installés en France, notamment en Alsace le camp de concentration de Natzweiler-Struthof et le camp de sécurité de Vorbruck-Schirmeck. Une partie des détenus est dirigée vers le camp de sureté de Rotenfels. Le dernier convoi dans lequel se trouvent 6 Britanniques et 4 Américains quitte Schirmeck tôt le matin du 23 novembre 1944 pour arriver quelques heures plus tard au camp de sécurité de Rotenfels, près de Gaggenau.

Le 25 novembre 1944, 14 prisonniers : 6 soldats Britanniques, 4 soldats Américains et 4 civils Français sont extraits du camp pour être abattus dans la forêt d’Erlich (Erlichwald), non loin du cimetière de Gaggenau, à proximité de l’usine Mercedes Benz.

Ces exécutions sommaires ont lieu à 3 reprises, les 25 et 30 novembre et le 1er décembre 1944. 27 prisonniers du camp de sécurité de Rotenfels, prisonniers de guerre britanniques et américains, Français résistants et prisonniers politiques sont fusillés par les SS et enterrés dans des cratères de bombes.

Lorsque les troupes françaises arrivèrent à Gaggenau fin avril 1945, la nouvelle des atrocités leur parvint assez rapidement et elles organisèrent l’exhumation des corps des cratères de bombes, en utilisant des nazis locaux comme main-d’œuvre. Les victimes ont alors été inhumées dans des tombes individuelles dans le cimetière de Gaggenau le 13 mai 1945.

Prévenu tardivement, le Major BARKWORTH, chef de l’équipe d’enquête du 2 SAS sur les crimes de guerre, arrive à Gaggenau en début de soirée le 9 juin 1945. lui est son équipe procèdent alors à l’identification des corps.

Un premier mémorial, est dévoilé le 16 août 1947 à l’endroit même d’un des cratères de bombes.

Au cours de l’aménagement de la zone de construction ‘Sommerhalde’, le mémorial a été déplacé de quelques dizaines de mètres et redessiné au printemps 1977 à son emplacement actuel ; où une nouvelle plaque commémorative et informative est dévoilée le 30 avril 2023 non loin de la première.

Jeudi 23 novembre 1944 : tôt le matin, transfert de Schirmeck vers Rotenfels : DILL, GRIFFIN, REYNOLDS, WATHELY-SMITH, ASHE (OP Pistol) et GOUGH (SOE Jed Jacob). L’abbé PENNERATH fait également partie du transfert.

Samedi 25 novembre 1944 : exécution dans la forêt d’Erlich (Erlichwald) de 14 prisonniers du camp de Rotenfels

  • Extrait du rapport BARKWORTH : Interim Report du 15 juillet 1945

Le 25 novembre, le lieutenant WÜNSCH commandant le camp de sécurité de Rotenfels reçut l’ordre d’exécuter tous les prisonniers de guerre britanniques et américains détenus dans ce camp. WÜNSCH dont la mémoire semble pauvre pense qu’il y en avait 8 ou 9. L’abbé HETT et d’autres prisonniers s’accordent sur le chiffre de 10.

Le lieutenant NUSSBERGER, en charge de la police du camp, a été chargé de cette tâche, et a été assisté par OSTERTAG, NEUSCHWANGER, ULRICH et ZIMMERMANN.

Les 10 prisonniers de guerre et 4 civils, l’abbé CLAUDE, l’abbé ROTH, le père PENNERATH et M. JACOB ont reçu l’ordre de se rendre à la sortie du camp, puis d’embarquer dans un camion bâché.

Selon les déclarations de Albert ARNOLD le chauffeur, le camion s’est ensuite rendu en lisière du bois près du cimetière de Gaggenau. Les trois premiers prisonniers, y compris un prêtre, ont été sortis du camion et ont été amenés dans le bois. Le prêtre aurait réalisé ce qui se passait et s’est enfui. Il aurait parcouru une distance de cent mètres avant d’être abattu.

Le conducteur et les occupants du camion ont entendu trois coups de feu. Entre dix minutes et un quart d’heure après que les trois premiers aient disparu, les trois suivants ont été pris, encore trois coups de feu ont été entendus, et ainsi de suite aux mêmes intervalles jusqu’à ce que tous aient été amenés dans les bois et abattus. (KEW WO 361/730)

30 novembre 1944 : dans la forêt d’Erlich (Erlichwald), 9 résistants français du réseau Alliance sont à leur tour abattus au même endroit, et enterrés dans un second cratère (B) de bombe.

1er décembre 1944 : dans la forêt d’Erlich (Erlichwald), 4 personnes, 3 hommes et 1 femme, demeurées non identifiées sont également abattues dans le Erlichwald, enterrées dans le cratère B au-dessus des 9 du 30 novembre, portant à 27 le nombre des exécutions.

Les corps seront finalement exhumés du carré d’honneur du cimetière de Gaggenau pour être définitivement transférés et inhumés au cimetière militaire de Dürnbach au sud de Munich, Allemagne: https://operationloyton1944.org/durnbach/

16 août 1947, un premier mémorial : en mémoire de ces victimes de fin 1944, la ville de Gaggenau projette dès 1945 d’ériger un monument sur le site des exécutions. Un premier mémorial est inauguré le 16 août 1947 à l’endroit même d’un des cratères de bombes. Le projet de mémorial est évoqué par le Major BARKWORTH (2SASWCIT) dans des messages datés des 8 et 9 juillet 1945.

Courant 1977 : au cours de l’aménagement de la zone de construction ‘Sommerhalde’, le mémorial a été déplacé de quelques dizaines de mètres et redessiné au printemps 1977 à son emplacement actuel.

Occupation du carré d’honneur au Waldfriedhof Gaggenau


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