Ici, le 20 septembre 1944, 8 parachutistes du 2nd Special Air Service Regiment (SAS) furent abattus par les hommes du Kommando ERNST du Sicherheitsdienst.

Adresse :
3, chemin de la tête de la biche, 88100 Saint Dié des Vosges.
Une fois sur le chemin, au 1er embranchement à droite et au 2ème embranchement à gauche.


Mémorial Les Moitresses sur Google Maps
Les faits :
Ces huit membres du 2nd Special Air Service Regiment avaient été parachutés sur ce secteur dans le cadre de l’Opération Loyton. Le 15 septembre 1944, ils furent capturés par un détachement du Kommando ERNST du Sicherheistdienst à La Turbine, entre Allarmont et Celles-sur-Plaine. Après avoir subi des interrogatoires en différents endroits, ils furent emmenés au camp de Schirmeck où ils restèrent jusqu’à ce que le Docteur Hans ERNST, le chef du Kommando, demande qu’ils soient retirés du camp en vue de leur élimination. Dès lors, les soldats furent détenus dans les dépendances du quartier du Kommando à Saint-Dié-des-Vosges.
Le matin du 20 septembre 1944, ces hommes furent conduits dans le petit vallon à l’est de ce lieu. Des gardes entourèrent le site pour empêcher que des civils ne voient ce qui allait se passer. D’autres gardes entouraient le camion pour que les prisonniers ne puissent pas s’évader.
Le SS-Hauptscharführer Walter JANTZEN, un membre du Kommando ERNST, ultérieurement accusé des meurtres, déclara :
« Je ne me souviens pas avec certitude si l’on avait dit aux prisonniers qu’on allait les exécuter avant qu’on n’ordonne au premier homme de descendre du camion. Ce premier prisonnier fut obligé d’enlever la veste et le pantalon de son uniforme et ensuite de monter sur le flanc de la colline … J’ai entendu un tir plus haut dans le bois. De la même manière, tous les autres prisonniers furent contraints d’enlever leur uniforme, puis emmenés un à un dans le bois pour y être abattus … Le dernier prisonnier était le lieutenant, que je croyais se nommer « BLOCK », et que j’ai reconnu ensuite sur la photo que l’on m’a montrée comme étant le lieutenant « BLACK ». Gravement blessé, avec une jambe brisée, il a fallu que quelques hommes le portent sur le lieu de l’exécution. »
Le SS-Hauptscharführer Josef PILZ déclara :
« Comme il s’agissait du dernier prisonnier, j’avais fini mon travail de sentinelle. Je suis donc monté sur la colline en suivant le groupe qui transportait le dernier prisonnier. Lorsque nous sommes arrivés à la tombe, WETZEL ou OPPELT a dit qu’on devait enlever l’attelle sur la jambe du prisonnier. Nous l’avons allongé par terre pour le faire. Je ne sais pas si j’ai entendu un gémissement du prisonnier quand on a enlevé l’attelle. Quand j’ai regardé de nouveau, j’ai vu MACHATSCHEK et OPPELT jeter son corps dans la tombe que j’ai aidé à recouvrir. Nous avons ramené les uniformes des soldats morts à la caserne de St-Dié. Environ deux jours plus tard, JANTZEN m’a donné plusieurs objets dont des cartes, des photos de filles et des carnets pour les brûler. J’ai présumé qu’ils appartenaient aux soldats tués. J’ai suivi cet ordre et j’ai tout brûlé. Plus tard dans la même journée, JANTZEN m’a donné des médaillons religieux sur des chaînes, ainsi que des médailles et des boutons à enterrer. »
Le SS-Oberscharführer Horst GAEDE du Kommando ERNST déclara ultérieurement :
« L’un des derniers prisonniers à être emmené a dit : «Je suis un soldat». Ceci m’a fait de la peine, car je ne comprenais que trop bien ces hommes. Ils avaient complètement raison et avaient le droit d’être traités comme des prisonniers de guerre, tel que prévu dans la Convention de Genève. »
Malgré les efforts pour dissimuler les traces du crime, et grâce à la ténacité de l’équipe du SAS chargé d’enquêter sur des crimes de guerre, les cadavres furent découverts et exhumés au mois de mai 1946. « L’affaire Saint-Dié » fut portée devant un tribunal militaire britannique à Wuppertal en Allemagne plus tard en mai. Plusieurs membres du Kommando ERNST furent condamnés pour « implication dans l’assassinat » des huit hommes du SAS. Trois d’entre eux furent condamnés à la peine de mort et les autres furent condamnés à des peines de prison de trois à treize ans, dont quatre ayant déjà été condamnés pour leur implication dans l’assassinat de huit autres membres du 2nd SAS à La Grande Fosse le 15 octobre 1944. Ceux qui ont été incarcérés furent relâchés ultérieurement en raison de leur « bonne conduite », de déduction du temps de « détention préventive » ou de « grâce à l’occasion de Noël » Les seize victimes de ces deux atrocités furent enterrées au cimetière militaire de Durnbach en Allemagne.
Les hommes :








Le mémorial :
Ce mémorial a été érigé pour honorer la mémoire de ces victimes mais aussi de celles des courageux habitants des Vosges qui ont fait le sacrifice ultime dans la lutte pour la liberté. L’inauguration de ce monument a eu lieu le 27 juillet 2019 en présence des proches des victimes dans l’espoir qu’il soit un lieu de souvenir perpétuel, symbole de paix et d’amitié franco-britanniques.
L’auteur, The SAS and LRDG Roll of Honour 1941-47.



____________________________________
They stay alive as long as we remember them.